poésie philosophie délire
et c'est la grande sortie sur ces chevaux blancs d'un autre monde. la ville et ses femmes sont à nous. accompagnés de princes et les cheveux aux vents, nous naviguons entre les rues à la recherche de ces oasis d'alcool où les voyageurs échouent. l'argent...
elles ne comprenaient plus. pourquoi partaient ils tous ? où allaient ils ? elles avaient mis des siècles à les sélectionner, à les ramener à la maison, à en faire des gentils, pleins de câlins pour les enfants, tout en bisous et travaux ménagers… et...
il était parti dans l'action éperdue, à la manière absurde de sisyphe, en réponse au "suicide logique" des héros russes. dans le golf, la moto, le parachutisme, au fin fond des océans, il s'abîmait d'actions, se brûlait aux activités du monde et se consumait...
mon insignifiance. devant les étoiles. les galaxies, les amas... devant ces milliards de soleils, si nombreux... collisions de galaxies, aux filaments de matière noire, en halos démesurés... et le temps, qui s'étale, au loin... sur des durées que mon...
elle est venue me dire. de me relever. je ne voulais pas. car j’étais bien, dans ma solitude splendide, si rayonnante de vide, au destin si tracé. mais elle avait bougé en moi, une chose, si lointaine, aux échos desquels… mon corps… vibrant. alors, lentement,...
il était resté en vie, à en crever, pour qu'il lui pardonne. car il savait qu'elle mourrait de remords. seul lui pouvait la sauver, en venant près d'elle, en la regardant en face, et en prononçant les mots qui guérissent : "je te pardonne". je suis là,...
inspirer. expirer. inspirer. expirer. inspirer. expirer… longtemps… être la respiration, depuis la plus petite entrée d’air jusqu’au souffle le plus léger. entièrement concentré. entièrement focalisé. des heures… des heures les yeux ouverts… à observer...
et pourquoi attendre ? pourquoi rester ? le devoir. un point c’est tout. même pas à discuter. pouvoir se regarder dans une glace, tout simplement. se voir soi même, au fond des yeux, sans détourner le regard, sans s’étonner de ce personnage qui nous regarde....
luc revenait de ses observations astronomiques, toujours plus petit, minuscule, à passer dans le trou de la serrure. observer la lune si belle, saturne si lointaine, les amas distants, les galaxies toutes en chevelures… qu’il pensait à sa femme, celle...
« pourquoi tu te lèves le matin ? ». elle avait pris cette phrase comme une claque, un coup de poing en pleine gueule… demande t’on à la lune pourquoi elle se lève ? non. elle se lève, un point c’est tout. tout comme elle. elle se lève, c’est plus fort...
lorsqu'il était revenu des camps, il n'avait plus dit un mot sur ce qu'il avait vu. car il n'y avait pas de mots pour exprimer ce qui s'était passé devant ses yeux. ce n'était plus du domaine du langage mais de l'indicible, et aucun homme n'avait jamais...
c'est fini. l'écriture ne vient plus. sec. comme un bois mort. les mots enfuis, loin. envolés. une âme vide. ou plutôt plus d'âme. un grand chant de silence. si fort qu'il vous arrache les yeux de son vide strident. et puis de temps en temps des fantômes...
c'est ainsi, dans la solitude des soirs, aux jeunes corps endormis, réfugié dans la pièce à forger des textes, que la nuit monte en moi, me saisit la main, la guide, lui fait faire son jogging sur des claviers fatigués, et moi je regarde les mots se former...
méditer c’est habiller son âme. c’est focaliser son attention. c’est se préparer à affronter le jour qui vient. au lieu de tout nu sortir dans la ville, dans la vie. au lieu de voir éclore ses pulsions, les suivre, s’en laisser guider. alors le matin,...
jean choisissait lentement les livres. très lentement. car ils devaient refléter son état du moment. il devait se refléter dedans. comme dans un miroir, comme dans un lac. pour s’y voir. pour s’y lire. pour se parler. et puis il donnait le livre à pierre,...
elle. d’où je viens. sorti brutalement. brusquement. mais où es tu ? toi qui m’entourait de ton corps, toi dont j’entendais le cœur. où ? au loin… si loin de moi que désormais je te chercherai partout. que partout ton regard me manquera. que mes cris...
tu portes tout depuis la première respiration, en lutte éternelle, dans l'absence de chaleur aux premiers jours difficiles... touchée au plus profond de toi même par des mains paternelles, aimantes, lieu de repos des jours difficiles, protection des tourbillons...
quelle drôle de façon d'approcher les gens... des inconnus, des malheureux, des perdus, des peintres amateurs, des artistes... des amants potentiels. à travers les âges mythiques, à travers les masques écrantés, par les doigts habiles et joggeurs sur...
dans un bar moderne où la vie n'est plus. etonnant un coeur où la vie ne veut plus. des conversations entendues et sitôt parties. les bruits de l'argent qui s'empoche dans des poches de fer. des filles qui se parlent de garçons qui voyagent. entre chaque...
par terre. la gueule ouverte. respirant à peine... sec comme du bois mort. momifié. sur son ile depuis si longtemps... longtemps qu'il crevait. crevait d'absence, de vide de paroles, de visages... il sortait toujours avec son masque. oui tout va bien,...
dans la maison du silence. tu étais la. partout. en haut, en bas, sur les murs, en moi. tu es venu me visiter un soir d'orage où, foudroyé au fond du lit, je me tenais recroquevillé, à tourner autour de moi, les yeux charbons, aux sons cristallins du...
se pardonner à soi même, pour les chemins qui mènent si loin, dans ces contrées que nous n’imaginions pas, alors que nous pensions que tout était sous contrôle. sous contrôle du grand récit fédérateur, sous la toute puissance de la parole, sous le regard...
petit chef. petits mails. petites pensées administratives. se croit important, même sans couleurs. bardé de chiffres, de tableaux, de courbes. sans croyances. sans désirs. juste compter, manger, dormir, et recompter. jamais conter. jamais imaginer, et...
je vous ai vu dans vos corps en flammes et suis descendu pour vous tendre la main hors de votre ancrage physique, de vos cris enfermés dans la carcasse de fer. je vous avais vu d’en haut venir me prier, me louer, et j’ai souhaité que vous me rejoigniez...
encore au bout du monde. j'y vois ces termitières géantes, ces nombreux palmiers, un bras de mer qui bruit de vie et ces arbres ensorceleurs qui étranglent les arbres. la nuit tombe, lentement. de la forêt de palmiers s'élèvent les jeux des enfants. un...