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poésie philosophie délire

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poids des départs

elle. d’où je viens. sorti brutalement. brusquement. mais où es tu ? toi qui m’entourait de ton corps, toi dont j’entendais le cœur. où ? au loin… si loin de moi que désormais je te chercherai partout. que partout ton regard me manquera. que mes cris ne seront que pour toi… que toute action dans ce monde n’est qu’une construction pour revenir d’où je viens... pour me calfeutrer dans mes réalisations, dans mes idées qui germent et me cajolent, en souvenir de tes entrailles chaudes aux sons lointains des voix graves… et j’ai peuplé le monde, et j’ai glissé un peu de moi en elles pour transmettre un peu de ton corps… et lorsque je t’ai vu meurtrie, j’ai pris sur moi toute la culpabilité du monde pour enlever de ton âme le poids des départs. et tu m’as transmis ton regard caché, absent, derrière des barreaux où j’attendais ta venue, derrière des attentes de caresses qui ne venaient pas… alors, comme les départs revenaient, comme aucun cœur ne battait plus pour toi, alors j’ai fait battre mon cœur encore plus vite, j’ai tourné les idées dans ma tête dans des tourbillons d’imaginations, pour te distraire de tes rêves perdus. alors, lorsque pas un sourire ne marquait ton visage, lorsque ton corps au loin restait froid, je me suis interdit les sourires, je me suis interdit la chaleur et la compassion. je me suis enfermé dans la raison, dans les calculs, dans la science aussi froide que mes machines… et j’ai produit des robots aux lèvres rigides, et j’ai laissé des regards froids sur les avatars des mondes virtuels… et j’ai figé les émotions de mon visage, même si elles faisaient craqueler ma peau, même si au bord des yeux se devinaient quelques nuages… et je me suis réfugié aujourd’hui au creux d’un être de fer, derrière des schémas mentaux protecteurs, dans une rationalité infinie dont je marque tout être alentour… et je lance un appel à toute elle en qui pousse un homme : ouvrez vos regards et vos bras à celui qui  viendra, afin que la terre ne soit plus peuplée d’êtres de fers…

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