poésie philosophie délire
j’ai croisé un loup, à la tête d’homme, aux grandes dents et fortes lunettes. un loup homme car il n’y a plus de loups… alors on se fait loup, pour manger les autres et ne pas être mangé, pour pousser les autres et soi même à explorer, modifier, transformer,...
dans ta maison, dans tes maisons, partout ton accueil fut là, simple et chaleureux. partout de ta croix ton regard m'a fortifié, partout en moi tu es entré à mes cotés pour m'aider à lever les yeux au ciel. la solitude était plus douce avec toi à ma main....
de retour à auschwitz. toutes les nuits. dans ma tête. les baraques qui s'érigent, l'odeur de la boue, le regard des autres, et la faim au ventre. un peu comme une fleur, qui repousse à la nuit, arrosée de souvenirs, et grandit en moi, toute en costume...
il faut tirer un trait sur le passé. sur soi donc. un gros trait avec un gros feutre, pour dire que le passé n'est plus là, que tout neuf on est. que darwin s'est trompé. non, nous ne sommes pas le fruit de l'évolution, mais une génération spontanée....
le sens était caché dans les histoires que les hommes se racontaient, collectivement ou individuellement. et la multitude des sens possibles est apparue dans la puissance évocatrice des grammaires. le sens comme instanciation d’une structure grammaticale....
alors les intelligences se multipliaient, et il allait de par le monde, en exploration des corps et des âmes, pour détecter au fond de chacun quel était son interprétation de l’univers. car nous étions tous des acteurs, à incarner en chacun de nous les...
c'est une armée de pieds qui foule le sol nu. nous sommes cette nausée humaine que vos yeux horrifiés fuient sous les écrans d'argent. vos paroles volent au dessus de nos têtes tels des rapaces effrayés. regardez nous en face, dans nos yeux percés par...
contradiction des pensées pour abîmer l'être pour lequel ta vie fut sacrifiée... mais la détermination monte dans les coeurs abîmés par les défections annoncées par les pensées prévoyantes... sous forme de chute, de coups, de force brutale à travers la...
dans le carcan de sa mère, prisonnière mentale, toute en anorexie finale. puis libérée, par la parole, par les séances allongées… et depuis la recherche de la liberté, partout, dans tout les coins, haletante, en course effrénée, par peur de retomber dans...
il avait été jugé par le tribunal médical. condamné à savoir tout de l'évolution de son corps sur le millier de prochaines années, comment il faudrait sûrement user de cellules souches dans quelque cent ans pour régénérer cet organe qui commençait à donner...
un retour sur ce passé si proche, et déjà la distance s'installe. un sentiment d'étranger face à son travail, un sentiment d'éloignement face à son histoire. tu es là, si présent dans ton acte en devenir, et tu seras pourtant autre au fil de ces pages....
j’ai vidé ma vie petit à petit, d’abord de mes amis, puis de ma femme, puis de mes enfants. maintenant, j’enlève chaque jour un nouvel objet de mon appartement, et je prends conscience de l’inutilité des choses. lorsque je rentre dans cet endroit vide,...
le poète voit ici la mer. je n'y vois qu'un axe de communication. les fleurs sont rouges et chantent la vie au printemps. ce ne sont que végétaux en croissance. de la beauté partout tu vois. sur ce monde de tristesse, tu t'es promené, le pinceau à la...
il est là, grand, le regard droit du conquérant. les cheveux sont gênants, les cheveux sont absents. regard cruel vers l'horizon. fier et orgueilleux, empli de cette foi des temps immémoriaux. il est là, il avance, tête de proue de son destin. les nains...
il l’avait rencontrée en divers endroits. elle était belle, d’un blanc d’ébène, aux yeux verts et bleus, clairs comme la pleine lune un soir de solitude. elle était venu le chercher pour l’amener ailleurs, dans un autre endroit, pas si loin et pourtant...
droite et courbe. c'est une rue verte et noire. c'est une artère sillonnée d'oranges noires. les pélicans fous dévalent les plaines de cormorans. je suis sur l'un d'eux, pilote des ténèbres, cavalier des cieux de tempêtes. vous n'êtes plus ces êtres prétentieux...
il est une légende lointaine, dans les vents des souvenirs emportés, qui dérive le rêve d'une vie partagée entre homme et femme... inutile illusion voûtées dans les espoirs des coeurs solitaires, amers aux regards des autres, reflets importuns dans les...
la montre enlevée, pour mieux aborder le temps du recueil. les bruits de la nuit qui parviennent de la ville. le grondement sourd d'un moteur, et toujours ce train qui crie son désespoir de vivre. je ne suis plus de ces êtres décharnés à la recherche...
je cherchais depuis longtemps à comprendre le langage, le sens, la sémantique… j’avais parcouru les livres, les corpus, toutes les ressources linguistiques, j’avais acheté les machines les plus puissantes, les mémoires les plus complètes, avais lancé...
contrôler et martyriser les ressources humaines afin qu'elles ne restent que dans le cadre budgétaire fixés par les directions des comptes atmosphériques, disciplinaires, coercitifs aux chiens acérés, dans la coupure finale du mandat décapitant les négatifs...
un élément de la chaîne hiérarchique qui remonte si haut que les raisons du dessus sont perdues dans les mémoires des êtres éthérés, passés par les écoles de pensées pures, dirigés par les nuages survolant les petits êtres aux dimensions grouillantes...
tu sors des tréfonds habités par des relations encrochées par des bras abîmés, avec des produits de relations antérieures qui te lient aux sources de la reproduction sans précurseurs des suites divergentes... harcelés par les êtres du dessus aux regards...
mur de sable et mur de vent... devant la solitude de ton départ. de vos départs. en face de moi tous les soirs, à contempler l'infini du vide... et toi, que deviens tu ? à l'autre bout du miroir, à l'autre bout du rien, dans le même désert que moi, en...
c'est lorsque tu n'es plus que ta présence en moi émerge, se déploie et m'envahit. l'être ne se manifeste pas par sa présence mais par son absence. parce qu'il fut. parce qu'il n'est plus, plus que douleur et manque. et c'est la taille de cette absence,...
les lèvres s'agitaient. des sons encore et encore. pour transmettre la vie, l'art, le souffle. on parlait de ci, de ça, comme ci, comme ça, de tout et de rien, des histoires passées, des histoires qui se rencontrent, se croisent et s'emmêlent, du parfum...