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poésie philosophie délire

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blanc d'ébène

il l’avait rencontrée en divers endroits. elle était belle, d’un blanc d’ébène, aux yeux verts et bleus, clairs comme la pleine lune un soir de solitude. elle était venu le chercher pour l’amener ailleurs, dans un autre endroit, pas si loin et pourtant pas tout près non plus… il ne comprenait rien à tout ce charabia, et comme il avait décidé de ne plus penser, il était parti à d’autres occupations, à d’autre loisirs, dans ses actions sans relâches. il l’avait amusée sans le savoir, car elle n’était pas habituée à ce qu’on lui soit indifférente. elle l’avait un peu suivi pour voir ce qu’il faisait, avait sauté avec lui en parachute, s’était même surprise à déployer son parachute lorsque celui-ci ne s’ouvrait pas, au lieu de l’attendre simplement en bas pour repartir avec lui dans ses bras… il est vrai qu’elle s’amusait à le voir s’agiter ainsi, de telle sorte qu’elle en oubliait les multiples passagers qu’elle avait prévu de prendre… 

 

au fur et à mesure des activités qu’elle entreprenait désormais avec lui, elle en oubliait sa mission et finissait par ressentir une proximité avec cet être qu’elle percevait maintenant comme son frère de l’autre coté du miroir… un reflet d’elle-même, sans peur, à la recherche de l’extrémité du voyage, des contacts, à la limite des rencontres multiples avec des êtres en partance, lui-même éternellement en départ pour des contrées et des paysages inconnus. elle lui aurait bien fait visité son pays, mais elle ne souhaitait plus y retourner. elle se sentait plus forte au son de son souffle, de son énergie, elle voulait se lier à lui et lui offrir le fruit de son corps. mais elle savait qu’on la rechercherait, que des ombres sombres planeraient dès demain sur terre à sa poursuite, que le châtiment serait celui de la condamnation à rester ici, sans devoir jamais fermer les yeux, en écoute éternelle des malheurs de tous, et que jamais aucune consoeur de viendrait lui tendre la main pour la soulager du poids des regards que les hommes porteraient sur elle. 
 

alors elle l’appela. pour la première fois, il se retourna au son de la voix d’une femme… elle l’embrassa et l’emmena avec elle. pour la première fois elle perçut des larmes couler de ses yeux clairs, maintenant rouge sang…

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