il est là, grand, le regard droit du conquérant. les cheveux sont gênants, les cheveux sont absents. regard cruel vers l'horizon. fier et orgueilleux, empli de cette foi des temps immémoriaux. il est là, il avance, tête de proue de son destin. les nains morts parsèment son sillage. le regard droit devant, l'air altier et impassible, il trace à la hache son chemin de croix, son chemin de gloire. et l'on raconte encore, au coin des bois, au coin des soirs, l'histoire de ce matelot qui le fit trébucher. et l'histoire est réécrite et les écumes de la jeunesse s'envolent au loin. et les femmes, toujours absentes, n'ont pas place à bord. le navire avance ... majestueux et grandiose.