droite et courbe. c'est une rue verte et noire. c'est une artère sillonnée d'oranges noires. les pélicans fous dévalent les plaines de cormorans. je suis sur l'un d'eux, pilote des ténèbres, cavalier des cieux de tempêtes. vous n'êtes plus ces êtres prétentieux et fiers qui livrent leurs têtes aux vents de la connaissance. je suis lié aux ailes de ces êtres, courbes et rondes comme les bras d'une femme. ma grande gueule jaune fend l'espace comme le grand gouvernail du savoir. nous sommes à la croisée des chemins, et les anciens bourreaux repus s'allongent à l'angle des rues. ils sont aujourd'hui ramassés par ces aigles d'argent, naguère colombes rougies de sang. de par le monde, débandade partout s'insinue et il n'est pas rare de voir des gloires passées quémander du pain aux pauvres sans idées. ici, les hamburgers remplissent les ventres des obèses d'esprit. les oiseaux des îles lointaines ont vaincu l'offensive du ciel. et je suis là, au milieu de ces combattants exégètes, arbitre sans ailes de ces danses nuptiales emplumées.