poésie philosophie délire
j’ai croisé un loup, à la tête d’homme, aux grandes dents et fortes lunettes. un loup homme car il n’y a plus de loups… alors on se fait loup, pour manger les autres et ne pas être mangé, pour pousser les autres et soi même à explorer, modifier, transformer, travailler… sinon on s’endort, on se repose, on se recroqueville, on imagine sans faire, on peint, on écrit. alors les longues dents sont là, à l’affût de la tête qui flanche, pour mordre l’inactif. pas d’exploration sans loup, pas de quête sans lui, mais de la paresse partout, de l’attendrissement… alors on réclame les loups, on les fabrique, en fer, en arme, aux canons des crocs qui brillent… et quand on les voit, on se redresse bien vite, on court, on fait, on fabrique, on a peur mais on est content, content de s’être donné un fouet, un prédateur, pour éliminer les faibles et ses propres faiblesses, pour épurer les hommes des inutiles… et surtout pour manger l'écrivain écarlate…