poésie philosophie délire
elle était présente en moi depuis… depuis l’âge où l’on peut aimer… depuis l’introversion qui garde les sentiments au fond de soi… depuis le trouble qu’on ressent lorsqu’elle… est… là, juste à coté de soi, et que toutes les mains, tout les poils, tout les yeux et les lèvres se tendent, se portent… secrètement, intérieurement, plein de sève et de force… vers elle qui aimante, qui attire, qui sourit, qui regarde, qui projette sur nous la lumière de ses yeux… et ce sont les exercices communs, les discussions pour refaire le monde… mais surtout pour être avec elle, sans jamais rien dire, sans jamais lâcher la bride aux lèvres et au corps, en retenant toute la pulsion de vie, en s’enchaînant à la raison pour ne pas sombrer en elle… toujours se retenir, toujours se contrôler, avoir la conviction que rien n’est possible, jamais, aux soupirs intérieurs… juste goûter le plaisir de sa présence… et ne pas souhaiter plus, pour ne pas se perdre dans les corps, dans les vagues, dans les surfaces de crèmes… pour ne pas être attrapé par le quotidien, par les corps qui tombent, par les déceptions des chairs qui avancent… et elle n’est pas consciente de la puissance de sa présence, que le simple fait d’être, que le simple fait d’exister là, à mes cotés, me baigne d’une lumière intérieure, intense et chaude. et c’est ainsi qu’elle va de par le monde, en éclairant les hommes, en laissant des gerbes d’elle-même aux âmes silencieuses, en émettant des corps de vie au fil des croisés… et c’est ainsi qu’elle habite des sommeils aux regards ouverts, qu’elle se glisse dans des lits solitaires, et que son image se multiplie dans la grande ville… au lointain, dans le temps du sérieux des études, elle était là à m’éclairer de son visage, à la magie d’une femme naissante…