poésie philosophie délire
tu as diffusé partout le désir des choix multiples, des produits luisants, fait germer en chacun la soif du nouveau, transformé toutes les choses et les êtres en objets d’élection, les as tous parés des plus beaux atours, soutenus, éclairés, parfumés, enchantés de musiques… tu as développé la guilde des maquilleurs, des enchanteurs, des peintres de lumières qui inondent nos âmes des icônes aux chants des sirènes… inséré dans nos têtes des hameçons colorés, aux crochets profonds, cachés sous des douceurs crémeuses. et lorsque lentement le fer se faisait sentir, lorsque derrière ces décors plaisirs et ces joies en affichages les armatures de fer sortaient, les odeurs putrides montaient, apparaissaient alors les engrenages rouillés de la déception… et les parures délaissées étaient laissées là, en décrépitude, en désamour des désirs humains, en radeaux qui partaient s’échouer sur des rivages inhospitaliers, et les corps des hommes qui n’avaient pas su garder la soif de l’autre intacte se retrouvaient maintenant écartelés sur les bords asséchés des sociétés insouciantes…