poésie philosophie délire
tu es entré en lui, sous son visage, sous sa moustache, au jour de l’échec, du désaveu de sa production artistique… et tu l’as poussé, tu as soulevé les masses avec lui, fait grandir la haine au-delà de ses ailes, au-delà de ses pensées millénaires… tu lui as fait désigner les boucs émissaires, qui devaient porter tout les fardeaux du monde, qui devaient de blanc devenir rouge avant de s’évaporer dans les cieux, en minuscules particules de fumées noires, à la conquête de la miséricorde du monde, graines de mauvaises consciences réparties en les peuples… et là haut, au fait du pouvoir où tu l’as placé, tu lui as désigné ses semblables, ses frères où tes congénères avaient déjà nidifiés, où couvaient déjà en eux la haine de l’autre, qui n’attendaient qu’à s’exprimer, à exploser en chaînes de fers, en wagons bondés, en barbelés tout autour, en casemates puantes, en chiens qui aboient, pour croire dominer le monde en dominant quelques hommes… et là tu étais admiratif du tableau noir que les hommes sont capables de peindre, des stigmates profondes qu’ils sculptent dans les âmes, des peaux qu’ils rendent si fines, si transparentes, que la couleur du cœur qu’elles emballent encore éclate dans l’univers sans lumière qui les environne… tu avais même fait placer des grillages au ciel, afin qu’ils ne s’envolent pas, en tout cas pas avant l’heure que tu avais désigné… et tu voyais déjà certains d’entre eux s’élever au dessus du sol, vouloir déjà s’échapper de leurs corps de souffrance, s’envoler vers des cieux qu’ils croyaient plus accueillants… et tu les faisais attraper pour les enfermer, car il n’était pas possible que quiconque ait l’audace d’échapper à ton contrôle, à ta force, à tes serres d’acier…