poésie philosophie délire
il jetait dans leurs mémoires des mots qui explosaient en gerbes de feu, de fleurs, et de sensations qui les atteignaient au plus profond d’elles mêmes, par delà les barrières de la maîtrise de leur conscience, au-delà des sens, au sein même de leurs émotions premières, au plus profond d’elle-même, en réminiscence de la fusion qui les fit naître… et longtemps en elles éclosaient les échos de ses textes, par les nuits, par les jours, par les malheurs et les bonheurs, par le soleil qui caressait leurs peaux, par les textes qu’il inspirait, en réponse aux secousses internes qu’il générait… et c’est ainsi que les mots qu’il semait par delà les âmes se reproduisaient, traversaient les bouches, les oreilles, et résonnaient aux échos des expériences passées, car ce qu’il avait vécu avait ébranlé toutes les structures de l’être humain, toutes ses fondations, et toutes les vibrations qu’il relançait au son des lettres faisaient vibrer en chacune d’elles des armatures qu’elles sentaient si fragiles… les couleurs qu’il peignait en elles étaient un hommage à leur regards, leurs perspicacités psychologiques, leurs finesses de compréhension de la naïveté masculine… il savait désormais que les êtres qu’il découvrirait au plus lointain des galaxies ne seraient pas plus mystérieux que ces êtres d’un autre sexe, d’un autre monde, qu’il pensait connaître et redécouvrait éternellement... les mots n’étaient finalement que des crochets d’abordage en vaine tentative d’embarquer ces vaisseaux qui s’éloignaient drapés de longues robes…