il les avait disséquées, analysées, espionnées… il avait traqué les moindres agissement de leurs neurones, au son des plus puissants champs magnétiques, leur avait injecté des puces, des micro-robots, des imageurs… les avait observées dans toutes les phases de leurs vies, depuis la maternelle, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte puis mûres, pour les comprendre… convoqué les meilleurs des etholoques, biologistes, neurologues, psychologues, psychotropes… les avait côtoyées, aimées… et jamais il ne les avait comprises, jamais elles n’entraient dans ses schémas rationnels, jamais il ne pouvait les prévoir… étaient elles ses étrangères ultimes, cet autre monde d’où il venait ? étaient elles ce lieu du départ, de son big-bang personnel auquel on ne peut pas remonter ? elles ne voyaient pas le monde comme lui, ne le sentaient pas comme lui… le même monde, les mêmes capteurs sensoriels, et pourtant un jaillissement cérébral de caresse, multicolore, de tendresse, à mille lieux des chiffres qui pleuvaient dans sa tête… continent ultime aux limites de la raison, il n’entrait jamais par delà leur pupilles, portes insondables de trous noirs attirants…