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poésie philosophie délire

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feuilles picorées

alors sur le chemin je rencontrais le philosophe. il était chargé de gros livres et avait du mal à les porter. il laissait derrière lui toute une traînée de feuilles qui s’échappaient de ses livres, et que les corbeaux venaient picorer. il avait l’air entièrement dans ses pensées, à réfléchir profondément, au point qu’il ne voyait rien du chemin. il se cogna contre moi. il leva à peine son regard et chercha à poursuivre sa route. eh, l’homme lui dis je, tu me sembles bien préoccupé. oui, je le suis, car je suis dans un quête, celle du sens, de la vérité, de la connaissance… mais à quoi me sert il de te parler, car je pense que tu dois être à mille lieues de toutes ces préoccupations ? et il fit mine de repartir. mais pourquoi alors ce regard baissé, et pourquoi tout ce fardeau ? car je m’appuie dans ma quête sur une profonde introspection et sur le savoir de tout les anciens, des illustres qui ont déjà depuis longtemps réfléchi à toutes ces questions. tout ces livres, ce sont des masses de connaissances peu connues du vulgaire, mais qui renferment une sagesse sans égale. tiens, lis ce passage sur la morale et il t’éclairera de sa lumière, et il me tendit une feuille jaunie. je pris le papier et essayais de le lire. mais les mots étaient fort complexes, de telle sorte que la langue me semblait étrangère, et, au lieu d’un éclair de lumière, c’est bien plutôt les doigts noircis et l’esprit embrumé que me procura le papier. je restais sceptique. ainsi, pour comprendre le monde, l’air préoccupé et les yeux au sol sont nécessaires, avec une lourde charge de livres sur le dos ? il faillit s’étrangler à ces paroles. il se redressa si haut qu’il me dépassait maintenant de plusieurs têtes, rabaissa son regard sur moi et cloua ses yeux au fond de mon crâne. il rapetissa aussitôt, plus petit qu’à son arrivée,  et partit en courant, car je lui avais fait perdre son temps. alors je me retournais pour ramasser les feuilles picorées par les corbeaux, de telles sorte qu’une grande partie des mots manquaient. et je me suis mis à lire… et la lumière sortait des feuilles, la clarté d’une vision évidente, une pensée solaire et éblouissante... je me tournais pour alerter le philosophe de ma découverte, mais il était déjà loin…
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