poésie philosophie délire
mais maintenant s’en était fini de cette découverte des genres. ras le bol. il n’était plus question de voir ce que la personnalité, le physique, la sexualité de chacun commandait, impliquait. mais il était temps de s’élever, de déployer ses ailes toutes grandes pour aller au-delà des regards, par delà la conscience et les systèmes clos. oui, à travers le chameau, le lion et l’enfant, pousser son cri au-delà de la raison, quitter les rives de l’intellect pour affirmer au monde, non pas sa solitude en pensée éternelle, mais bien l’autonomie de sa quête. que oui, les questions qui naissent en chacun de nous n’ont pas à être évacuées de simples coups de bâton, chassées par des démons en longues robes, mais laissées dans le cris qui surgi, du plus profond de soi même, en révolte contre les freins de sa raison. car aux marges de la société, dans les établissement gouvernés par les psychiatres, dans les établissements de hauts murs aux soins des gardiens en armes, dans tout ce qui exclus et éloigne, dans tout ce qui protège la raison des débordements de l’âme, se trouvaient des éléments d’intelligence d’un autre ordre, si dérangeant dans leur différence, au-delà de ce qui est concevable… alors d’autres hérétiques faisaient entendre leurs sons désaccordés, par les mots mal agencés, par la seule liberté qu’ils pouvaient trouver entre asile et inclusion : la poésie. seule échappatoire de la raison, seule phare de ce monde sans sens… alors oui, il déclamait, au loin dans les cervelles de chacun, dans les prétentions de tout connaître, dans les œuvres qui se prétendaient d’art, au fin fond d’eux même, en sublimation de leurs consciences, il s’infiltrait pour dire que le sens n’était pas unique, mais réverbération du monde externe en chacun de nous. qu’il ne vivait plus à se poser la question du pourquoi, mais qu’il avait trouvé la réponse dans la question elle-même : sa vie serait ce pourquoi, cette quête depuis son origine, au fond de lui évidente… car le sens de toute vie est bien cette finalité en caisse de bois de qui égalise les destins de tous, mais le vrai sens se cache dans le chemin que l’on prend pour y parvenir, dans les détours et les paysages que l’on perçoit, au loin derrière ses pensées et actions, derrières ses actes et ses cris, derrière ces enfants que l’on laisse en traînées sublimes pour recommencer les mondes que nous n’avons pas pu achever dans les détours du cheminement de sa vie…