Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

poésie philosophie délire

Publicité

caressé de pupilles

je. difficile je. difficile d’assumer tout ce qui suit derrière cette affirmation de soi. quelle simplicité, facilité, de se cacher derrière la poésie, les mots qui viennent en cascade… derrière les sentiments vagues, flous, où l’on peut toujours tout nier. le je est plus que moi, c’est le résumé de mon histoire, de ma famille, de ma maturation psychologique, de mon environnement, de vos yeux qui se promènent sur mes textes, de vos réactions, même lointaines, même drapées de murs colorés quelque part dans Paris, même drapées de ces livres sur les circonvolutions de nos pensées, sous le regard du père… je suis aussi, le soir, face au clavier, en relation avec vous qui me lisez, derrière vos écrans… vous m’avez remplis de souvenirs, et que vous soyez encore là ou disparues dans les traces du temps, je suis solidaire de votre solitude, de votre humanité… lorsque ces lignes apparaissent et se glissent en vos yeux, c’est un peu moi qui me loge et m’allonge dans vos pupilles… je suis un peu là en vous, pour quelques temps, et je dois vous dire que je m’y sens bien. il est agréable d’être accueilli par des yeux de lecteur, d’être caressé de pupilles. l’amour est regard, et quoi de plus intime que de s’y loger, au bord de votre âme, au bord de votre monde, de votre passé, de votre solitude… je suis votre frère des soirs sans personne, à la lumière d’écran qui vous éclaire le visage, et tout le long de cette lumière mes mots entrent en vous, et doucement infusent… tout mot est une porte d’entrée vers vos songes, une clef qui ouvre des souvenirs en chacun. je sais en écrivant que chaque mot résonnera en vous des ondes de votre passé, et que la musique qui en découlera sera très personnelle, mélodieuse ou tragique, pleine d’orage ou de rage, de désirs inassouvis ou de curiosité étonnée. je vous connais pour certaines, ne vous connais pas pour beaucoup, vous vois parfois débarquer comme ça, au milieu des mots, à mettre la pagaille dans les idées ombragées, à marcher au milieu des souvenirs, et je vous laisse faire, je vous admire patauger dans le potage aux clefs des songes… je vous remercie aussi, qui que vous soyez, et où que vous soyez, que vous soyez passager des pages virtuelles, en partance vers d’autres sites, en escale temporaire dans mon havre textuel, en transit, tombé par hasard ici, comme un oiseau de son nid, collé à tant de lettres, dépassé par mes claques de mots. oui, je suis par le regard que vous me portez, ou plus précisément par le regard que vous portez à ma production, à mon comportement, à mon attitude. le je est objet de regard, n’existe que par lui, et par vous tous qui les portez. j’existe car je suis objet de votre regard, et c’est pourquoi, lorsque dans la rue, au milieu de la foule sans visage, à mendier des yeux qui fuyaient au fond de vous, lorsque par terre je ne voyais plus que le goudron, lorsque les couleurs de vos iris avaient fui, je n’existais plus. et c’est pourquoi un regard vaut plus que tout au monde, car il donne existence aux autres, il les fait naître, comme le tout premier regard qu’on n’oublie pas, et les porte en légèreté…

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article