poésie philosophie délire
je. première personne du singulier. première personne très singulière. lorsqu’il ne reste plus que soi face à soi. lorsqu’on est là, tout en ressenti, tout en volonté, à nouveau partie intégrante de ce monde. tout en étant en pleine conscience de sa légèreté. ressentir la moindre goutte de pluie comme un plaisir d’être là, encore, parmi vous, à sentir l’air, à toucher, à capter, à ressentir au bout de ses mains, de ses sens, de son nez, au goût frais d’une fleur… je ne suis pas parce que je pense mais parce que je sens. je sens donc je ressens, donc j’éprouve, je perçois, j’aperçois au loin les marques du temps. je est un jeu, un amusement où l’on redresse les autres par terre pour qu’ils participent encore au jeu de la vie. où une fois debout on se repousse pour rire de voir l’autre tomber et se sentir encore debout… et on recommence encore une fois, juste pour essayer, avant de s’allonger pour beaucoup plus longtemps… je n’acquiers une véritable existence qu’à la deuxième pousse, une fois l’épreuve traversée, qui permet de jouer avec son je, son existence même, être conscient que tout peut s’arrêter encore, brutalement, que la matière qui nous porte est bien fragile, diaphane… je apparaît soudain, brutalement, en plein lumière, alors qu’il était là, implicite, évident, depuis le début, aux premiers sons du langage prononcé, aux premières fois où son propre visage apparaît dans le miroir. je de l’enfance, de la continuité, tout en évidence de soi… différent du je de la conscience de sa volonté, de sa réintégration, de son retour à la vie…