Il regardait les autres comme s’il les connaissait depuis des siècles, dans leurs envies, leurs rires, leurs désirs de possession, de réussite, de reproduction, de fantasmes… il lisait dans l’avenir ce qu’il avait déjà vu dans le passé : des conquêtes, des morts, des volontés de pouvoir, des vaisseaux de puissance partir vers des territoires lointains, des séparations profondes… et lorsqu’il lisait les plans d’évolution des technologies les plus avancées, il n’y voyait en fait que l’expression de la volonté des hommes de s’amuser et de se fuir eux même… lentement en lui s’insinuait un ennui profond, lourd, qui lui plombait d’abord les pied, puis clouait ses jambes, ses cuisses, et maintenant tout son buste qui ne pouvait plus bouger… le ciment prenait, et quelque soit la direction vers laquelle il regardait, vers les exo planètes, vers les premiers empires ou au fond de lui-même, il retrouvait les mêmes fondations, les mêmes structures, la même volonté de puissance… immobilité immanente du mouvement des hommes