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poésie philosophie délire

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longueurs d’albatros

par delà les vitres des trains, des voitures, des avions, des lunettes de soleil… défilaient les paysages variés, les nuages, les arbres, les armes, les choses et les femmes… des grands canons rouillés, qui criaient au ciel leur désespoir de fer… des corps qui dépassaient des bennes, des petits chats qui miaulaient au dessus des ordures… et ces sourires, aux éclats blancs, à la joie profonde, qui vous ouvraient l’âme aux autres si variés… le voyage est changement de décor, pour faire défiler son histoire, pour changer sa vue et l’hypnotiser d’éclats de lumières... toujours changer, bouger, s’agiter, courir, parler des langues aux sons si soucieux de soi, à la douceur de l’étrangeté… voir les ailes au dessus des nuages, des montagnes, des mers et des hommes… les voir si petits que tout cela parait bien futile, à s’agiter en bas, à se bousculer pour quelque petits bouts de terre… alors pourquoi atterrir ? pourquoi redescendre ? et pourquoi pas les nuages pour toujours, comme compagnons, comme moutons dessinés à son enfance ?  alors, lorsque l’annonce de l’arrivée vrille les oreilles, lorsque les ceintures se bouclent, et que l’équipage se prépare… ouvrir la vitre et en sortir, déployer ses bras, aux longueurs d’albatros, sentir le vent s’écouler et nous prendre, comme une force, nous porter au-delà des questions, et s’élever pour ne pas retomber…

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