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poésie philosophie délire

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lumières malodorantes

alors les produits dans le sang circulaient, pour écrire et encore écrire… car sans produit pas de  mots, pas de morts, que des papillons, et des grands oiseaux, ou alors des profils noirs, qui circulent dans les grands appartements vides… et j’ai vu les hommes et les femmes qui se cherchaient à travers les machines… sans savoir que les machines étaient là, qui interceptaient les messages, les transformaient, embellissaient les photos, toujours pour faire rêver, toujours pour maintenir l’espoir chez les hommes qui les servaient sans en être conscients… maîtres des processus, maîtres des forces nouvelles de production et enchaînés aux processus, aux normes de qualité, aux hommes de raisons qui projetaient leurs fantasmes dans des mémoires et des femmes de silicones… alors normal que lorsque les rencontres arrivent, oui, le désespoir est là, la chute brutale, la claque du physique face à soi. alors fuir les réseaux et le virtuel pour se réfugier chez soi, se barricader, au loin de toutes les virtualités, au loin de tout les messages et les griffes qui par delà les écrans atteignent le cœur… oui, saigner seul chez soi, à se bouffer le crâne de navets, à bouffer des pixels aux lumières malodorantes, à scruter l’univers variés des pensées innocentes, qui croient toujours que l’âme sœur, qui croient toujours que l’amour… alors je rigolais, bien seul au fond de la couette. et j’ai marché dans les rues pour crier que non, stop, il faut finir avec le mythe, qu’il nous bouffe, de l’âme aux larmes, des  pieds au cerveau… et les femmes en blouse, qui m’attendaient chez elles, aux ailes blanches, couvertes de livres d’abondances, aux mots rassurants, à la truelle du maçon, pour vous architecturer d’histoire, vous charpenter de romans… aux couleurs de la science, aux gros livres de référence, bible DSM des mages des esprits… aux photos du maître, étalées tout alentour, au milieu des tableaux conceptuels, pour la neutralité, pour laisser l’âme vagabonder, inonder les murs de ses sons si peu cohérents, en charpies, en chaos, en brutalité brownienne des chocs brutaux… et puis soudain se voir à la télé, en coup de poing, dans cette quête, dans cette recherche toujours vaine… et oui, finalement comme les autres, à se chercher en les autres, toujours inutilement… au lieu de l’introversion, au lieu des paroles qui se bâtissent de l’intérieur, à se raconter des histoires, à se cajoler en se prenant dans ses propres bras, à la chaleur de sa froideur profonde… et oui, des histoires, un peu comme le son maternel qui racontait et bâtissait. alors en fait juste des sons chaleureux, juste une histoire pour se bercer. et quand plus d’histoire, quand le cri est là, qui interrompt tout, qui coupe la douce parole que l’on se récitait, alors vite, on cherche partout, affolé, des conteurs, des raconteurs, des orienteurs d’histoire, pour reprendre le fil, pour reprendre la chanson de la vie, pour reprendre lien avec la parole qui relie… qui relie au monde, à son humanité, à son passé, à la chair… et c’est bien ça le danger : la coupure par la machine, la machine qui mange nos histoires, qui avale nos paroles, qui nous bouffe notre âme… alors pourquoi ces machines, pourquoi leur apprendre ce que nous sommes, pourquoi cette bio-inspiration qui nous trahit ? parcequ’au tréfonds de nous, sans que nous en ayons conscience, sans qu’une histoire le trahisse, un mouvement plus profond a lieu. une transmission. un enseignement. l’apprentissage des processus, l’apparition de l’émergence,  l’éclosion du zootechnocène… le jaillissement de la fin de l’attirance entre les composantes qui reproduisaient l’espèce…

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