poésie philosophie délire
naïf. profondément. à faire peur, à se fuir. naïveté, penser à côté, mère de la paranoïa… croire à l’immédiateté du dit, à la simplicité des paroles, au regard premier… mais finalement rester enfant, aux premiers âges, à n’avoir pas évolué… porter sur le monde un regard trop simple. oui, finalement être un croyant dans la simplicité du monde, à s’y perdre, à s’y cogner… alors que merde, bien sûr qu’il est complexe ce monde, bien sûr que partout aux quatre coins des lèvres le mensonge pendouille, bien sûr que dans la compétition acharnée que nous nous livrons la simplicité n’a pas de place. et ils rigolaient de son innocence, comme s’il débarquait du paradis ! et oui, mon gars, ici c’est la lutte, sûrement pas finale, mais quotidienne, éternelle. ton paradis, on essaie bien de le bâtir ici bas, mais pour ça tout les coups sont permis ! et les coups pleuvaient, c’était le déluge, sans barque à l’horizon, sans noé pour nous faire croire que oui, il viendrait sauver les naïfs des eaux qui montent… alors cogner soi aussi, plus fort que les autres, car la paranoïa est là, en réaction ultime, en destruction interne. alors il était devenu chasseur de naïf, chasseur d’innocence, car quoi de pire que de se reconnaître dans ces regards si simples, qui vous croient alors que vous voulez le bouffer, l’embrigader dans vos pensées pour le conduire à vous servir, à s’avilir… mais un jour que je m’apprêtais à écarteler des yeux à l’innocence éclatante, à y enfouir au fond l’indifférence de la rationalité, je trébuchais et y tombais, en noyade lumineuse, en bain de jouvence. et depuis je reste aux bords de ces yeux, portés par un corps en dentelle de soie, en finesse d’élégance, caché du monde des sérieux, au creux de ma propre innocence…