poésie philosophie délire
ça y est ! j’y suis arrivé ! entrer en solitude sans s’y noyer ! l’accepter, l’accueillir, ouvrir la porte sur le vide, franchir le seuil en indifférence des sens… en absence ou en présence, en creux ou en plein, toujours l’émotionnel étal… être prêt aux îles désertes, être prêt aux cavernes hors du temps, être plein pour les salles bondées… survoler les balles au dessus des larmes, ou les femmes au dessous des armes… danser sur les conversations comme on glisse sur des corps, caresser des duvets comme on plane sur des mets, entrer dans les charmes comme des drames à venir… accepter l’absence, ne plus la voir, à la grande victoire sur soi même, s’accepter, accepter la solitude au fond de soi, constitutive, en fondation de ce qui nous porte… en oraison des vies passées, en départ des temps si loin…
et un jour un souffle doux, régulier, endormi et confiant… à coté de soi… un souffle nouveau, oublié depuis longtemps, au rythme de l’abandon. étonnant. un petit souffle qui est entré comme ça, glissé sous la porte, entré à l’improviste, au regard aimanté… l’accueillir, le blottir, le protéger pour qu’il ne s’arrête pas. le loger au creux de son oreille, l’amener au travail, à la ville, en campagne, et le soir le mettre à ses cotés, sur l’oreiller, le chauffer pour l’entendre encore et toujours au fond de soi, en compagnon du creux en soi…