poésie philosophie délire
des pieds en forme de racines. un amour des arbres. un sentiment de plénitude à leur contact. un peu de lui-même planté dans la terre. et des caresses de vents… alors quand il s’installait, il prenait racine, au plus profond de la ville, il étendait ses branches par-dessus les toits, par-dessus les autres, il protégeait de son ombre les têtes qui cuisaient sous la chaleur des ennuis. il accueillait les inscriptions des amours qui se croyaient éternels, sentait la force au fond de lui qui montait. intermédiaire entre les sols et les hommes, d’une autre dimension temporelle, si sensible aux temps qui s’écoulent, aux sèves qui coulent… sans urgence, au fin fond du temps, et au regard si loin. homme arbre qui pollinise les hommes de ses frondaisons si longues… et se sentir arbre, c’est être d’ailleurs, du passé et du futur, c’est s’extraire des urgences quotidiennes, c’est accepter que sur soi une multitude de vies s’amplifie…c’est accepter de porter la vie, aux longues lierres ou aux petites pattes légères, de l’apporter à la lumière, si haut au dessus de soi… être l’ami et le soutien des nuages, bavarder avec eux un petit peu, puis les laisser partir… admirer et sentir l’écoulement des airs, des ondes, des flux et des hommes…