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poésie philosophie délire

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forme humaine

alors que j’avançais lentement vers un endroit un peu plus sombre, j’entendis des coups de feu partir du bas coté du chemin. les balles me transpercèrent de part en part, et elles faisaient une trajectoire assez nette en moi, pour finir en feu d’artifice avant de ressortir par un trou béant. c’était assez joli à voir, avec du rouge un peu partout, de telle sorte que les pâquerettes alentours étaient toutes tachetées, comme si une jolie pluie colorée les avait arrosées. j’étais un peu un arrosoir de rouge, qui colorait le monde alentour… alors j’observais attentivement autour de moi pour voir d’où les tirs avaient pu partir. je ne voyais que des herbes, des fleurs et de beaux papillons. mystère… quand soudain les herbes se mirent à bouger tout à coté de moi, un arbre se leva doucement… ou plutôt une forme humaine… « bonjour » lui dis je car je préfère rester poli dans de telles situations, vous savez, on ne sait jamais à qui on à affaire dans ces chemins sinueux, et une mauvaise rencontre peut vite mal tourner. mais l’homme semblait fort aimable. il me regarda et me dit juste : « hé bien, on peut dire que vous êtes un coriace, vous ! ». en effet, j’en avais vu bien d’autres, et ce n’est pas quelques balles qui allaient m’arrêter dans ma quête, quand même ! et il m’expliqua qu’il était en entraînement de tireur d’élite, qu’il devait se fondre à la nature, faire partie d’elle-même, que lorsque qu’il guettait quelque passant, il ne restait pas seulement à l’observer, mais il vibrait avec le vent qui parcourait les herbes, il ressentait le moindre battement des ailes de papillons, bref, il oubliait son humanité, il était herbe, il était arbre… avec juste une branche en forme de fusil… mais lorsque le coup partait, c’était de nouveau sa mission qui lui sautait à la gorge, son humanité qui revenait brutalement, sa force, son sentiment de sauter à nouveau dans le désir de vivre et donc d’éliminer… son camarade était juste à coté de lui, mais il s’était camouflé en libellule, certes un peu grosse, mais elle ressemblait à une vraie, avec une mitraillette au bout d’une patte. il enleva son camouflage, tout comme son camarade, car il faut bien rester correct en de telles circonstances. ils m’apparurent en tout point semblables : yeux bleus, crânes rasés, tailles identiques… « bonjour, permettez nous de nous présenter : bernard et bernard. » leur ressemblance me fascinait, à tel point qu’ils ne semblaient former qu’une seule personne, toute action de l’un étant faite de façon coordonnée et complémentaire par l’autre... comme leur journée de travail semblait terminée, ils se préparèrent pour passer en civil. mais, au fur et à mesure qu’ils enlevaient leurs costumes pour enfiler leurs habits civils, leurs têtes changeaient, puis leurs cheveux, et jusqu’à leurs tailles et la couleur de leurs yeux et de leur peau. l'un était noir, l'autre blanc… « au revoir, me dirent omeg et alpha »…
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