poésie philosophie délire
c’était la fin d’un cycle, brutalement, un peu comme une voiture qui s’encastre brutalement contre un arbre, aux passagers s’écrasant leurs bulbes cérébraux sur des vitres aux mille étoiles de verre. oui, il est des cycles qui s’écrasent et se finissent, des sysiphes qui dépassent le haut de la colline, qui laissent tomber ce gros rocher qu’ils ne portent pas dans leur bras, mais au fond de leur cœur. alors il suffit de le laisser sombrer au fond de soi, de lâcher prise, ne plus voir ce poids ou plutôt d’y rajouter un peu d’anti-gravité, de telle sorte que la légèreté l’emporte, par delà les nuages, par delà les sombres devoirs qui nous habitent. et désormais de ses mains puissantes, en pleine terre les plonger, pour remonter la pente, se redresser, se relever, au-delà du sommet porter non plus des poids, mais des regards, des yeux qui se projettent, si loin qu’ils couvrent les flots irisés des reflets de sa puissance. par delà la mer, par delà soi même, au dessus des dauphins, dans le flot des poissons volants, de sirènes accompagné, dans la douceur du soleil nouveau. et quitter les dieux en nous, qui nous retenaient de pierre, à la malédiction si lourde que nous avions intégrée, que nous avions fortifiée, du ciment psychologique qui nous tenait. oui, il est des sysiphes qui récupèrent les ailes tombées d’icare, qui s’envolent au-delà de leurs pierres et les abandonnent à leurs dieux du passé…