un sacré choc. cinq heures de voyage et une plongée dans le train noir de la grande ville. dès mon entrée dans la gare, j'étais pressé et stressé : arriver le premier au guichet, ne pas rater le train... choisir la bonne station pour retrouver celle que j'aime. je suis venu d'un pays où le soleil est roi, d'un pays aux grands sourires blancs où la mer vous accueille dans sa chaleur maternelle. je suis passé sous les nuages et ne suis pas prêt de revoir le soleil qui réchauffait ma peau. je suis venu d'un pays où la nature est reine et les hommes ses vassaux. je suis dans un pays où l'homme se croit roi ; il n'est que son propre vassal. je ne suis plus agressé par les vendeurs ambulants. je baigne dans l'indifférence. le contact humain est mort et je regrette déjà ce pays maintenant lointain, empli de grosses mouches noires qui fondaient sur le miel. je suis fils de ce peuple et de ces femmes. le train se met en branle et c'est le grand départ pour la nuit... en plein jour !