poésie philosophie délire
des mots. des couleurs. synesthésie. a bleu, e noir, i jaune, o vert foncé, u marron. des textes peintures… pas de rouge, alors on en rajoute… mais les sons partent. la couleur aussi. alors le vide. plein, entier, violent. l'angoisse… de la page blanche, de l’écran vide, de la vie blanche. ça saute soudain à la gorge. au fond. au fond de soi. et prisonnier. de soi d’abord, mais des répétitions, donc de son passé. ne pas répéter pour sortir du cycle. des cycles. pour ne pas faire revivre la souffrance, pour arrêter la force qui répète. plonger au fond de soi, avec les lampes les plus puissantes, avec le souffle profond. mais surtout avec la conviction des yeux qui veulent voir, avec sa conscience. et puis la porter, malgré tout… venir avec des poutres pour soutenir son regard, pour admirer son sourire, et puis derrière la vitre une distance si lointaine… comme intouchable. pas de fond au fond de soi…
alors les images faire défiler devant ses yeux. les images du monde. de son monde mais surtout de leur monde. derrière des vitres d’orient, des espoirs d’afrique… regarder comme une vie de film, pour croire comprendre, pour penser combler sa quête, sa perte. finalement si banale. la première séparation. et puis la parole quand même qui lie, avec la force des sons. la voir mais ne pas toucher. objet fragile et dangereux. alors détourner les yeux et les jeter sur les écrans, les écraser pour les remplir de couleurs, d’agitation humaine, de multitudes de rêves et d’espoirs. mais surtout de désespoir. et croire comprendre… alors que c’est arrêt du désir, ou plutôt constat de l’absence de désir depuis longtemps, depuis le tout début. pourquoi ? si étrange aux autres, et si étranger aussi, au regard si déformé, à l’ennui si rapide ? exprimer son désir ? non. d’abord le chercher. ou l’inventer ? alors que d’autres cherchent à supprimer tout désir ? mais n’est ce pas cela l’absolu : naître sans désir aucun ? respirer sans souffle ? être sans présence ?
alors se coucher pour attendre. ou peut être s’attendre. ou s’entendre ? se coucher car sans désir. en fait hiberner. naître pour hiberner. se recroqueviller sur sa propre et unique chaleur sous le froid du monde, sous la glace des temps. sous son passé si froid. sous ses soupirs si longs… et peut être un printemps, et peut être un été, et peut être un regard, un réveil. peut être ou plutôt peut naître pour ensuite être… c’est pourquoi des rêves de feux, des bouffées de violences, pour casser la neige, pour casser son gel. c’est pourquoi des peintures guerrières, des textes bruts… pleins de couleurs jetées partout… pleins de rouge du sang qui gronde…