toujours la même rengaine du cavalier qui va au champ dans l'espoir de combattre un quelconque ennemi. et c'est la charge contre les bois, et c'est la charge contre les lapins. les hommes qui le voient rigolent de lui. il est pourtant né pour combattre, cuirasse au corps et pique à la main. il ne pourfend que le vent. inlassablement, il chevauche les sillons bleus des nuages blancs. il chevauche sur la terre aride des bois morts. et les grandes bêtes aillées pointent leurs dards sur l'abri. même le sifflement des abeilles lui redonne espoir : ne sont elles pas guerrières ? la paupière lourde, des larmes d'ivoires alimentent ses désillusions. et c'est là bas, dans les grandes plaines de baobabs que l'on parle de grands et valeureux guerriers. on les dit forts et âpres au combat. et c'est le grand départ pour là bas, pour l'ailleurs prometteur. l'espoir en étendard et l'épée à la ceinture. et déjà les combats imaginaires commencent. Les géants sont terrassés, les rusés abattus, les forts éliminés. l'histoire encense le valeureux guerrier et colporte ses exploits. et c'est enfin la reconnaissance et la gloire. pourtant, là, qui n'est plus un ailleurs mais un ici, les villageois noirs s'amusent de cet étranger à la poursuite des baobabs...